… Ou comment une petite ville de Caroline du Sud est à jamais restée gravée dans notre mémoire.


Vendredi 12 avril 2019 : on quitte la Caroline du Nord pour la Caroline du Sud.

Sur la route, l’atmosphère se charge d’humidité. Notre peau devient toute poisseuse ; il fait très chaud. Le paysage change lui aussi : les maisons sont plus blanches et plus cossues, la végétation est de plus en plus verte et dense. Nous croisons les premières branches de mousse espagnole.

Le Sud est là, et nous sommes déjà happés par cette ambiance tropicale et ce nouveau climat.

Nous sommes vite redescendus les pieds sur terre.

Prologue : de la méfiance envers les motels pas chers

Pour 40 euros, nous avions réservé une nuit pour deux au Palms Inn and Suites à Walterboro, non loin de Charleston.

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Premier conseil, si un motel vous vend une chambre à ce prix-là ne cherchez pas : fuyez.

Cette nuit-là, nous sommes tombés sur LE motel miteux qui craint, celui qu’on voit au cinéma et qui n’est pas censé exister. Je vous jure qu’avant de débarquer dans cette chambre à Walterboro, j’étais persuadé que ça ne pouvait pas être réel.

Fallait peut-être se méfier sur ce coup-là. 

Partie 1 : les indices

Il faut dire qu’on l’avait bien cherché : si nous avions été un peu moins glandus, on aurait très vite compris qu’il fallait se barrer en courant dès le moment où on a pénétré l’enceinte du motel.

Une multiplicité… que dis-je ! Une infinité d’indices avaient été glissés dans la scène pour nous mettre la puce à l’oreille : la fuite d’eau au plafond à l’accueil et le seau placé juste en-dessous pour retenir les gouttes, les quarante places de parking disponibles malgré l’heure avancée, les mecs complètement craignos qui errent devant les chambres…

Mais par-dessus tout, un seul détail parmi tous les autres aurait dû déclencher l’alarme : la dame du comptoir nous a demandé si on voulait vérifier l’état de la chambre avant de payer.

N’importe qui à cette interrogation aurait déjà pris ses jambes à son coup. Mais nous, candides à l’extrême, on a simplement répondu non. La dame, très honnête, a même insisté : « Vous en êtes sûrs ? ». En constatant son inquiétude, on a fini par accepter.

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Partie 2 : une dernière chance pour s’enfuir

On a pris la carte que la fille nous tendait et on s’est dirigés vers la porte de la chambre. Mais là, impossible de l’ouvrir. Soit la carte était défectueuse, soit ce n’était pas la bonne. Sûrement un signe de l’univers : une ultime tentative pour nous alerter de la situation.

Comme on était fatigués et qu’on n’avait pas envie de chercher un autre motel, on s’est contentés de scruter par la vitre. L’intérieur était sombre et on ne voyait pas grand-chose. Le mobilier semblait vieux, mais tout avait l’air en ordre. On s’est dit que ça ferait bien l’affaire pour une nuit. Après tout, ça ne pouvait pas être si terrible…

Ne JAMAIS voyager avec un glandu, c’est moi qui vous le dis. Car je vous préviens, gros spoiler : ça allait être plus que terrible.

Derrière cette porte, c’était la nuit de l’horreur qui nous attendait.

Partie 3 : une forme tapie dans l’ombre

On est donc retourné à l’accueil pour nous enregistrer et payer. La dame nous a tendu une autre carte qui cette fois, a bien fonctionné lorsqu’on l’a enclenchée dans la porte. Et on a ouvert.

J’ai actionné l’interrupteur et comme dans les films d’horreur, l’ampoule a grésillé en s’allumant.

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La toute première chose que j’ai vu, à la seconde même où on a pénétré dans la chambre, c’est une petite forme sombre à l’autre bout de la pièce, à côté du lavabo. J’ai compris instantanément et mon sang a déserté mon visage illico.

C’était un cafard. Et un beau spécimen je crois.

Partie 4 : la nuit de l’horreur

Nous étions donc parti pour passer la pire nuit du voyage (et de notre vie, je n’hésite pas à l’affirmer).   

Car il n’y avait pas qu’un seul cafard, mais des dizaines.

Au sol, sur les murs, dans la douche, derrière le frigo… Partout. Sans oublier celui qui se met à courir lorsqu’on ouvre le tiroir de la table de chevet.

Ajoutez à cela une insupportable odeur de cigarette (dans une chambre non-fumeur), de la poussière sur les meubles, une déco des années 60 qui n’a jamais été revisitée et 35 degrés d’une chaleur humide.

Nous étions beaucoup trop horrifiés pour penser à prendre la moindre photo. Aujourd’hui, je le regrette.

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Epilogue : de la méfiance envers les motels pas chers

Minutes de sommeil cette nuit-là : zéro.

Leçon apprise : des motels à moins de 50 euros, plus jamais.

Walterboro, Caroline du Sud.

C’était le récit de notre pire motel aux Etats-Unis ! Et vous ? Avez-vous déjà été confronté à ce même genre d’expérience en voyage ? Ou bien êtes-vous suffisamment moins glandus que nous pour réussir à flairer le pot aux roses quand il est encore temps ?